Exceptionnellement et en raison du décès du Résistant et AFSer, Raymond Aubrac, retrouvez ci-dessous son témoignage entier recueilli par une bénévole d'AFS Ile-de-France, présente lors de la rencontre en 2009 :

Vous pouvez retrouver l'historique d'AFS plus bas.


« On a le devoir d'être optimiste » …

… quelques morceaux choisis de la vie de Raymond AUBRAC, AFS 1937
 
Nous sommes le dimanche 31 mai 2009, Raymond Aubrac, muni d'une canne, descend avec précaution les marches qui mènent au jardin du siège d' AFS. Il a été invité par AFS IDF pour parler de son année AFS aux USA. Dans le jardin, nous sommes une cinquantaine de personnes, des bénévoles, des partants, leurs parents, à regarder avec émotion un morceau de l'Histoire qui vient à nous. Avec d'autant plus d'émotion que c'est un ancien AFSer, ancienne formule certes, mais il est des nôtres, même s'il avouera plus tard qu'il n'avait plus entendu parlé d' AFS depuis plusieurs décennies. Il est né en 1914, il a 95 ans. C'est son ami Mathieu Boris, parachutiste à Alger eu printemps 1944 et AFS lui aussi, qui lui propose de reprendre contact avec AFS.
Patricio Fernandez et Michèle Nepveu sont assis près de lui, nous sommes tous en rond, dans l'attente de ce qu'il nous révèlera. Avec souvent de l'humour, il raconte, chut... écoutons le...

 

AFS, l'arrivŽée et le séŽjour aux USA


Nous sommes en 1937, il passe dans les couloirs de l'Ecole des Ponts et Chaussées, où il fait ses études en même temps qu'à la Faculté de droit, lorsqu'il voit une affiche qui propose une bourse Victor Chapman pour passer un an à l'Université de Harvard. Il n'obtient pas cette bourse, mais quelques jours plus tard, on lui propose une nouvelle bourse de deux mille dollars offerte par l' American Field Service pour passer une année dans l'université de son choix. Il accepte.
Le voyage en bateau lui permet rencontrer certains amis qu'il garde encore aujourd'hui. Lorsqu'il arrive à New York, il constate, bien qu'il ait été un bon élève en anglais, qu'il ne sait pas vraiment parler la langue.

Il choisit de s'inscrire au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Boston, qui travaille à cette période en binôme avec l'Université de Harvard.
On lui fournit une chambre à la "Graduate house" (maison d'étudiants) et un tuteur pour l'aider dans ses démarches. Il choisit les matières techniques qu'il connaît déjà, pour éviter d'avoir une difficulté supplémentaire à la langue et s' inscrit en statistique et en économie  à Harvard, il suivra un séminaire avec le professeur Schumpeter.

Il constate que les Américains sont très indulgents sur la langue, plus indulgents que les Anglais, il faut dire que certains professeurs sont eux-mêmes étrangers ...

Malgré une gestion drastique de sa bourse, il s'avère au mois d'avril qu'il a déjà tout dépensé. Il prend rendez-vous avec l'un des présidents d' AFS qui est banquier et vient avec tous ses comptes. Deux jours après, le banquier l'appelle après avoir contacté le doyen de l'université, Dean Goodwin et avoir constaté qu'il travaillait bien, le jeune Raymond reçoit un chèque pour poursuivre son programme universitaire.

Nous sommes en 1937, le téléphone est cher et, bien sûr, il n'y a pas de mails possibles. Il écrit donc une lettre de 7 à 8 feuillets à ses parents chaque semaine. C'est un trésor inestimable aujourd'hui pour conforter ses souvenirs. Il conseille aux jeunes AFSers d'écrire de même pour garder ces souvenirs, (sous formes mails par exemple).

(Pour ma part, je conseille aux jeunes partants d'Žécrire un journal (=créŽer un blog et garder le contenu) en consignant des petits faits quotidiens, des difficultéŽs auxquelles ils sont confrontŽés, comment ils les ont Žéventuellement surmontéŽes et comment, après rŽéflexion, elles auraient pu être réŽsolues, ndlr)

Il ajoutera par la suite que les agendas qu'il a tenu depuis 1934 dans lesquels il a noté tous ses rendez-vous lui servent à ne pas se tromper sur le cours des évènements.
Son retour en cargo, par manque d'argent pour prendre le bateau, dure douze jours pour arriver jusqu'en France.
 

La guerre de 39-45 et la guerre du Vietnam


Il y a la guerre, il fait partie de la Résistance, aux côtés de Jean Moulin, il est fait prisonnier, il s'évade grâce à Lucie qui organise son évasion avec d'autres résistants (en février 1944) puis se marie avec elle. Il ne revient pas sur cette partie de sa vie dont il parle dans les lycées et dans son livre (voir ci-dessous).

Il désire axer son intervention sur l'influence de l'année AFS sur le cours de sa vie.

Il parle du printemps 1944. La guerre n'est pas finie, il faut continuer à administrer le pays. Le général de Gaulle est à Paris, il a établi un vrai gouvernement clandestin et ils inventent un système : dans chaque département, est créé un comité départemental de la libération (CDL) constitué par des représentants de toutes les organisations clandestines, leur responsabilité est de conduire la bataille de la libération et il nomme dix-huit commissaires de la république, un dans chaque région, ils ont le pouvoir de l'Etat. Raymond Aubrac est commissaire de la république de Marseille ; il nomme les maires et les préfets de département, il organise les tribunaux, il aide au ravitaillement. C'est une mission impossible. Il ne voulait pas mais De Gaulle lui a dit qu'il n'était pas le seul à se sentir incapable de le faire mais qu'il le fera. Le problème des débarquements commence à se poser. Il y a trois ou quatre cargos qui accostent chaque jour avec des denrées, des hommes (dix mille prisonniers italiens qui viennent travailler par exemple), des munitions mais il n'y a plus aucun hangar, le port a été détruit à 70 %, tout a été bombardé, tout est à ciel ouvert. Il faut décharger les cargos. Il se trouve que l'état major américain a établi l'une des plus grandes bases de ravitaillement d'Europe dans la région et participe à décharger hommes et marchandises.
Raymond Aubrac prend l'habitude de réunir une fois par semaine les militaires américains, qui sont souvent des ingénieurs de la marine ou des commerciaux , pour régler tous ces problèmes. Ca a duré six mois. L'année AFS a été très profitable : il avait complété sa formation d'ingénieur avec des Américains, il sait comment aborder les problèmes avec eux, ils parlent le même langage. Il a eu une grande gratitude pour AFS.
 
Pendant la guerre du Vietnam, il est amené de nouveau à jouer un rôle.

Il avait rencontré Ho Chi Min et hébergé Ho Chi Min en 1946 chez lui à Soisy-sous-Montmorency; les hommes politiques et les journalistes le savaient.
En 1946, la guerre d'Indochine éclate et durera jusqu'en 1954 pour la première phase qui s'est soldée par les accords de Genève. (Ce sera ensuite la guerre du Vietnam qui prendra le relais).

En 1967, alors qu'il travaille pour le FAO (Food agriculture organisation) qui siège à Rome, il est appelé d'urgence à Paris par le comité permanent "Pugwash". Ce comité a été créé par Joseph Rotblat et Bertrand Russel (physicien) pour discuter des problèmes de la guerre, à la suite de la parution du manifeste de Russel et d'Einstein en 1945 sur le sujet. Le comité, qui a eu par la suite le prix Nobel de la paix, est un ce comité discret (et non pas secret) . Le comité exprime une inquiétude sur la guerre du Vietnam. Lorsque Raymond Aubrac arrive, il y a dans la salle des scientifiques : des soviétiques, des américains dont Henry Kissinger, un Anglais et des Français dont Francis Perrin, haut commissaire à l'énergie atomique. Henry Kissinger propose d'arrêter l'escalade de la guerre. Le groupe discute et trouve la proposition intéressante mais il fallait pouvoir communiquer avec Ho Chi Min et les soviétiques pensent que ce serait mieux que ce soit la France qui en parle avec lui. 
 
Le mouvement Pugwash est une organisation internationale avec des branches nationales. Il rassemble des personnalités du monde politique et universitaires pour réduire les conflits armés et trouver des solutions aux menaces de sécurité mondiale, en particulier les armes de destruction massive et l'arme nucléaire.
Il existe un groupe Pugwash (indépendant) pour les jeunes avec des antennes dans plusieurs pays.


De Gaulle ne veut pas que l'Etat français s'en mêle, et propose de contacter Raymond Aubrac pour être le messager du comité auprès d'Ho Chi Min. Comme c'est une implication lourde et tout est oral, Raymond Aubrac demande à pouvoir être accompagné par une autre personne ; ce sera Herbert Marcovic.
 
Pendant ce temps, Johnson est élu (il remplace Nixon) et décide d'arrêter les bombardements pour que les négociations commencent. Elles sont interminables.

Raymond Aubrac rencontre Henry Kissinger et sera le messager entre le comité et le Vietnam. Il le sera pendant environ quatre ans entre 1968 et 1972. Il a trouvé un moyen pratique : il part de Rome le vendredi soir pour New York, il revient le dimanche à Paris pour donner des nouvelles des tractations et repart à Rome pour reprendre son travail le lundi matin à la FAO. Et de temps en temps, il va au Vietnam discuter avec Ho Chi Min.
Kurt Waldheim, secrétaire des Nations Unies, demande alors à Raymond Aubrac de lui écrire un communiqué pour arrêter les bombardements mais le communiqué ne lui convient pas. Raymond Aubrac tente une autre carte : il va au Vatican (le premier ministre du Vatican était alors un cardinal français, le Cardinal Villot) et prépare le texte avec lui. Le dimanche, à midi, le Pape fait une déclaration à la foule et condamne les bombardements. Le mardi suivant, l'arrêt des bombardements intervient et le secrétaire général des Nations Unies fait une déclaration officielle.

En réalité, la diplomatie de Kissinger dégage les USA de la guerre mais le Vietnam du sud continue la guerre avec l'aide des Américains.

En avril 1973, la guerre du Vietnam se termine avec la prise de Saigon par les armées du Sud. En mai, Robert Mac Namara, ancien secrétaire à la Défense sous la présidence de Roosevelt, et nommé président de la banque mondiale, fait un message pour annoncer qu'elle allait réparer les dommages.
Raymond Aubrac constate que les mines tuent des innocents au Vietnam et se souvient que lors du débarquement de Marseille, il a été chargé du déminage. Il avait été aidé parce que les plans de la Wehrmacht avaient été retrouvés, il avait donc été plus facile de déminer sans risques.
Il entreprend donc d'écrire à Robert Mac Namara, pour demander les plans de mines pour faciliter et accélérer le travail. Robert Mac Namara est d'accord, et lui répond qu'en effet, les mines n'ont pas été placées dans le pays pour tuer les paysans. Il fournit les plans de minage à la diplomatie française qui les transmet au Vietnam.

En réponse aux questions,


il répond que la raison pour laquelle il a donné envie de partir est la même que sa présence à cette conférence aujourd'hui : c'est la curiosité. Il dit que pendant qu'il est aux Etats-Unis, il sait ce qui se passe en Europe, les Américains sont très sensibles à la menace, y compris du Japon, que les Américains redoutent déjà autant que l'Allemagne ou l'Italie. Il y a aussi une réaction très anti-new deal, qui touche à sa fin, c'est la sortie de la crise, les USA ne sont pas en bonne santé, toutes les familles ont connu au moins un sinistre, il y a la peur du fascisme. Le pays est à ce moment-là beaucoup moins anticommuniste qu'après l'expérience de la guerre. Il y existe un parti communiste et le pays est très politisé. A l'Université il y a deux étudiants ingénieurs allemands qui sont hitlériens, les Américains sont conscients du danger et s'en méfient. A Boston, on est très attentif au monde, les professeurs invitent les étudiants étrangers chez eux.

Quant à la réaction des professeurs français face à son départ,


il raconte que le professeur d'économie des Ponts et chaussées à qui il a demandé un sujet pour le mémoire qu'il devait présenter pour avoir sa bourse lui a donné un sujet adapté au contexte et lui a confié deux ou trois publications qu'il avait réalisées sur le sujet. Une anecdote : le professeur des chemins de fer lui a demandé un service. « Nous soudons les rails sous les tunnels, pouvez-vous leur demander comment font-ils aux USA pour calculer les effets de dilatation et souder leurs rails à l'extérieur ? » ; Lorsque Raymond pose la question au professeur américain, celui-ci a éclaté de rire : « c'est bien la question d'un ingénieur français, nous les soudons à l'extérieur et nous ne calculons rien du tout et ça marche... ». La réaction des copains de l'université en France ? ça leur semblait complètement farfelu de partir un an... A la question de ce que lui a apporté cette expérience AFS, Raymond Aubrac répond « cette année a contribué à me construire, elle a favorisé mes déplacements tout au long de ma vie, j'ai passé douze ans à Rome, cinq ans au Maroc, j'ai vécu à Londres… ».

Là-bas, il fait des conférences sur tout, sur le racisme, sur la poésie, sur des sujets qu'il ne connaissait pas... il est invité partout. Lors de l'élection de Barak Obama, il s'est souvenu d'un fait éclairant sur l'état d'esprit dans le pays : un jour le Doyen Dean Goodwin le prend à part et dit à Raymond qu'on l'a vu plusieurs fois au spectacle et au musée avec un étudiant noir, l'un des cinq qui fréquentent l'Université de Harvard. Il ajoute que si on le voit encore dans des lieux publics avec un étudiant noir, les professeurs ne pourraient plus le recevoir chez eux...

Les étudiants américains sont très bienveillants à son égard, d'autant qu'ils sont plus âgés que lui. En fait, les Américains commencent à travailler pendant deux à quatre ans puis ils reprennent le plus souvent leurs études. Il faut dire que l'inscription à l'Université était très chère (6000 dollars). Un fait a frappé Raymond Aubrac pendant son séjour : c'est qu'ils travaillent toujours en musique et que le samedi soir, les étudiants se retrouvent dans le couloir, toutes les portes de la "graduate house" grandes ouvertes, avec la musique à fond provenant des chambres.
 
Il pense que la résistance a été un acte plus important politiquement que militairement, et qu'à cause de cela, les Américains n'en ont jamais compris la portée. L'implication dans la résistance est due à des motivations différentes selon les individus, souvent des motivations personnelles. Ce sont des sommes d'aventures individuelles.

Et lorsqu'on lui demande à quoi est dû son engagement, il répond


qu'il s'est engagé parce qu'il est optimiste. La peur peut être néfaste. Par exemple, on a peur du mot « mondialisation » mais les Vietnamiens et les Marocains qu'il a rencontré lui disent que c'est la mondialisation qui les aide à sortir de la misère. Le problème est qu'il n'y a pas de projet politique actuellement à long terme, ni en France, ni en Europe. L'Europe est une bonne chose mais les gouvernements mentent à son sujet : quand il y a un problème politique, ils disent « c'est l'Europe » mais l'Europe est construite avec les politiques des pays européens…

Il répond aussi que oui, l'année AFS à l'étranger a favorisé son engagement politique, que dans la vie, on prend des tas de décisions tous les jours mais peu sont très importantes. Peut-être pouvons-nous en compter cinq ou six dans une vie ; choisir sa femme, par exemple. Une décision est prise dans un contexte donné, et en fonction de ce qu'on est, de la façon dont nous avons été élevés, de ce qui nous a bâti. Il dit que son éducation l'a aidé à prendre des décisions, mais aussi que pour prendre une décision, il faut comprendre qui on est et l'année AFS contribue à se connaître, parce qu'on est isolé et qu'on peut ainsi voir le monde tel qu'il est.

Et il dira cette phrase à propos de la résistance, mais que l'on pourrait appliquer à tout partant AFS : « il faut être optimiste pour s'engager dans ce type d'aventure, si on n'est pas optimiste, on ne fait rien. On a le devoir d'être optimiste, si on baisse la tête, on est sûr d'être perdant. »

Lorsque nous avons raccompagné Raymond Aubrac chez lui, il précise que comme chaque résistant, il avait trois noms : son nom de naissance (Raymond Samuel, de parents juifs), le nom qui figure sur les faux papiers (François Vallet puis, à la suite de son arrestation par la police française : Claude Ermelin) et son pseudonyme (Raymond Aubrac, qu'il a gardé jusqu'à maintenant).

Il raconte. Lorsqu'il devient commissaire de la République, il dit au général de Gaulle qu'il craint d' apparaître sous son vrai nom : ses parents ont été arrêtés en tant que Juifs, il n'a pas de nouvelles d'eux, il espère qu'ils sont encore en vie et ne veut pas les compromettre. Le général de Gaulle lui dit de signer les documents officiels sous son pseudonyme. Un pied de nez à l'histoire.

Les enfants ? Ils ont suivi des études tout à fait classiques. Il raconte aussi que sa femme et lui parlaient ensemble du fait qu'ils avaient mené une vie intéressante et bien remplie…

J'ai voulu le revoir pour mettre au clair certains faits. Il nous reçoit chez lui, nous offre un café, répond à mes questions, en disant avec humour à mon mari : « elle veut tout savoir ! »

C'est ainsi qu' il confirmera que l'année AFS a énormément influé sur sa trajectoire individuelle, et notamment sa rencontre avec Lucie. En rentrant de son année AFS aux Etats-Unis, en 1938-1939, il devait faire son service militaire au génie et se trouve à Strasbourg. Lucie, elle, fait sa première année d'enseignement  et a obtenu la bourse Veil pour faire un doctorat aux Etats-Unis. Elle a appris que Raymond Aubrac a également fait des études aux USA et veut le rencontrer. C'est toute une aventure à cette époque là, peu de personnes partent, elle a besoin de renseignements.

La veille du départ Lucie met sa malle sur le bateau mais le jour du départ, la guerre est déclarée. Elle reste en France. Ils iront ensemble travailler aux USA, bien plus tard, en 1975, grâce à Dean Goodwin (le même doyen qu'en 1937) qui les a introduit pour trouver du travail à l'Université.


En réponse à ma question sur sa rencontre avec Ho Chi Min, il se trouve qu'en 1944 , lorsqu'il est commissaire de la république, il doit résoudre une dizaine de problèmes par jour. Avant sa nomination dans la région, on avait fait venir vingt mille ouvriers indochinois en France pour remplacer les ouvriers démobilisés et on les avait mis dans un camp. Un jour, on vient lui annoncer que ces ouvriers vivent dans des conditions abominables, que les responsables du camp organisent de la prostitution, qu'ils vendent les sacs de riz au marché noir…Raymond Aubrac met de l'ordre, renvoie les anciens responsables corrompus par d'honnêtes personnes. C'est ainsi qu'il est désormais considéré comme l'ami des Indochinois et des Vietnamiens. Il est alors invité à la fête du Têt tous les ans et reçoit des chocolats pour Noël…En 1946, les Japonais sont battus, les anglais s'installent dans le sud de l'Indochine et les chinois dans le nord. De Gaulle voudrait que la France s'y installe aussi et entreprend des pourparlers avec Ho Chi Min, et organise une conférence en France. Une réception est organisée à la roseraie de Bagatelle, Raymond Aubrac est bien sûr invité. A l'entrée, l'un des Vietnamiens reconnaît Aubrac et le présente à Ho Chi Min. Pour entamer la conversation, Aubrac demande s'il est bien logé. Ho Chi Min répond que certes, il est bien logé à l'Hôtel Royal Monceau mais qu'il n'y a pas de jardin et que sans jardin, il est malheureux. Aubrac lui propose de venir prendre le thé le samedi chez lui, à Soisy-sous-Montmorency. Ho Chi Min s'y rend et déclare que ce jardin lui convient parfaitement et qu'il aimerait bien habiter là. C'est ainsi qu'il s'y installe pour six semaines et qu'Aubrac et lui deviennent amis.


Pendant que nous sommes là, quelqu'un sonne à la porte, il a l'air étonné, nous lui demandons s'il attend quelqu'un il répond « oui, j'attends toujours quelqu'un… comme tout le monde… »

Avant de repartir, il me montre le livre que lui a offert Mac Namara avec une dédicace disant que si on aurait pu arrêter le guerre du Vietnam avant, il y aurait eu des milliers de morts en moins.

Puis, il me montre tous les arrêtés signés Raymond Aubrac et me dit avec tristesse, qu'il avait dû signer des condamnations à mort, puisque telle était la loi, mais qu'aussi, avec une simple signature, il a souvent gracié de nombreuses personnes.

On a le devoir d'être optimiste.





Des origines américaines


AFS est né d’un mouvement de solidarité, l’American Field Service, qui a pris racine pendant les deux guerres mondiales. Dès 1914, des étudiants américains vivant à Paris se sont portés volontaires pour secourir les blessés sur les champs de bataille des différents fronts en formant un service d’ambulances. Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, conscients de l’importance d’une meilleure connaissance des cultures pour la construction d’un monde plus pacifique, ces pionniers ont créé en 1947, une organisation internationale d’échanges pour les jeunes.

Un fonctionnement en réseau


Au fur et à mesure des années, la présence d'AFS dans le monde s'est étendue. En France, l’association a été déclarée en 1950 et porte le nom d’AFS Vivre Sans Frontière. Elle est reconnue d’Utilité Publique depuis 1965. De nos jours, le réseau AFS rassemble plus de 50 pays partenaires.

AFS aujourd'hui


Avec plus de 60 ans d’existence, AFS est l’une des organisations les plus expérimentées dans la mise en œuvre de programmes de mobilité internationale pour la jeunesse. Elle est animé par un réseau de plus de 40 000 bénévoles actifs dans le monde, ils sont le véritable moteur de l'association. Chaque année, 12 000 jeunes partent à la rencontre d'une autre culture avec AFS et en 2011, AFS a dépassé le nombre de 400 000 anciens participants.